La fabrique de l’opinion : publics, politique et communication

le débat Lippman Dewey

le débat Lippman Dewey

deweyOn a souvent décrié le fait que la communication avait tendance à se substituer à la politique pour masquer la vacuité de celle-ci. Il en est ainsi lorsque le politique est impuissant, sans projet ou quand il s’effaçe devant des intérêts privés qui ne peuvent se dire publics. Le politicien se focalise alors sur les sondages, s’efforce d’interagir avec eux et se laisse guider par leur cours. Des spécialistes qui suivent l’opinion, le renseignent sur son état et ses possibles transformations. Mais la communication peut aussi servir le politique si des intérêts particuliers peuvent se dire publics. Une chose est certaine, le politique ne peut plus accéder à l’opinion que par son intermédiaire. Elle l’informe de l’état des publics et simplifie son message. Ceci du point de vue du politique. Quant est-il du point de vue du public ? Dans quelle mesure les publics se forment-ils dans l’interaction de la communication et du politique ? Peut-on accorder aux publics et à leurs opinions des déterminations propres ? Il s’agit ici de savoir quelle peut être la consistance de telles opinions et quel peuvent être leur degré d’autonomie. Même si on les suppose passives (1) ou incapables de s’agréger en opinion générale on ne peut que leur accorder une certaine autonomie. A condition toutefois de distinguer entre une opinion au singulier et des opinions au pluriel, de prendre en compte leur construction et leur rapport de composition. On pourra opposer une opinion publique qui se forme dans le jeu des interactions sociales, d’une autre qui veut s’en soustraire et fournir des alibis aux différents intérêts et dispositions (2). La première a une dynamique interne nourrie par la vie sociale même, la seconde contrefaite, ignore l’état réel des dispositions sociales et expose les gouvernants à certains chocs s’ils s’en éloignent (3). Aussi pour pouvoir contribuer à la formation d’une opinion publique, avoir un rapport efficace avec elle, est-il important de connaître ses processus, de respecter leur autonomie pour pouvoir interagir avec eux. La question devient donc comment prendre part à ces interactions de sorte à les polariser autour de certains intérêts, de certains sentiments et opinions ? Comment la lutte des intérêts peut-elle transformer une polarisation en une autre ? On parlera de « fabrique de l’opinion », sans vouloir dire qu’il s’agit là d’un processus conscient, maîtrisable pour affronter la complexité du monde. On essayera de montrer que cette fabrique a une autonomie que les « entrepreneurs de l’opinion » et les élites ne peuvent ni reproduire, ni réduire. Ils ne peuvent qu’interagir avec elle, prendre part et investir. Selon la part qu’ils y prennent leur interaction sera bonne ou mauvaise, ils pourront influés ou non sur elle, en être bien ou mal informés, bien guidés ou mal guidés.

Dans les années 1920, le journaliste, essayiste et philosophe Walter Lippmann soutient dans ses deux livres Public Opinion (1922), et The Phantom Public (1925) (4) que « la complexité croissante des réalités sociales, en produisant ignorance, éloignement et indifférence, interdit la formation d’une opinion publique véritable » (5). « Dans le meilleur des cas, le public fabriquera silencieusement du consensus et critiquera de manière intermittente l’exercice du gouvernement, tandis que le travail de conseil, d’expertise et d’administration sera confié à des spécialistes à la fois savants et politiquement neutres. Lippmann en vient à préconiser l’interposition d’un groupe d’experts entre le public et le gouvernement (6)».

C’est à partir de cette position qu’Edward Bernays développe sa thèse dans son livre Propaganda. Comment manipuler l’opinion en démocratie (1928) (7). Je me permets de rapporter ici les larges extraits suivants :
« Dans la pratique, si tous les citoyens devaient étudier par eux-mêmes l’ensemble des informations abstraites d’ordre économique, politique et moral en jeu dans le moindre sujet, ils se rendraient vite compte qu’il leur est impossible d’arriver à quelque conclusion que ce soit. Nous avons donc volontairement accepté de laisser à un gouvernement invisible le soin de passer les informations au crible pour mettre en lumière le problème principal, afin de ramener le choix à des proportions réalistes. »
« Pour éviter que la confusion ne s’installe, la société consent à ce que son choix se réduise aux idées et aux objets portés à son attention par la propagande de toute sorte. Un effort immense s’exerce donc en permanence pour capter les esprits en faveur d’une politique, d’un produit ou d’une idée. »
« Même s’il arrive que les instruments permettant d’organiser et de polariser l’opinion publique soient mal employés, cette organisation et cette polarisation sont nécessaires à une vie bien réglée. »
« Cette structure invisible qui lie inextricablement groupes et associations est le mécanisme qu’a trouvé la démocratie pour organiser son esprit de groupe et simplifier sa pensée collective. Déplorer l’existence de ce mécanisme, c’est vouloir une société telle qu’il n’y en a jamais eu et qu’il n’y en aura jamais. »
« Ce livre se propose d’expliquer la structure du mécanisme de contrôle de l’opinion publique, de montrer comment elle est manipulée par ceux qui cherchent à susciter l’approbation générale pour une idée ou un produit particulier. Il s’efforcera dans le même temps de préciser la place que cette nouvelle propagande devrait occuper dans le système démocratique moderne, et de donner un aperçu de l’évolution progressive de son code moral et de sa pratique » (8).
Pour Bernays, la manipulation de l’opinion n’est pas le simple fait des régimes totalitaires, c’est un mécanisme de la démocratie représentative et un effet de la division sociale du travail.

C’est en réponse aux deux livres de Walter Lippmann que le philosophe américain John Dewey (1859-1952) écrit son texte de théorie politique le plus important, Le public et ses problèmes (1927) (9).
Si Dewey est d’accord avec Lippmann en ce qui concerne les effets de la division du travail sur la gestion des affaires de la cité, il refuse d’abdiquer face à cette nouvelle situation. Pour lui cela reviendrait à laisser s’atrophier les pouvoirs des citoyens que sont la liberté d’association et la liberté d’expression d’une part, à diminuer la valeur de l’éducation et de l’information de l’autre. Aussi propose-t-il la construction d’un public effectif.
« Au sens passif, le public est l’ensemble des personnes dont la liberté d’agir est menacée par les effets indirects d’activités auxquelles elles ne participent pas ; et au sens actif, le public est dévolu à rétablir cette liberté par un ensemble ordonné et cohérent d’activités : en premier lieu bien sûr, prendre conscience des conséquences de l’interdépendance, puis identifier lui-même son intérêt, et enfin, créer par l’intermédiaire de mandataires, des institutions spéciales destinées à protéger cet intérêt. La fonction de critique et de surveillance des gouvernants à laquelle le public est habituellement borné — même par Habermas — n’est donc qu’accessoire. »
« C’est pourquoi, en suivant un second axe, Dewey a aussi subordonné la reconstruction du public au développement des sciences sociales, ou, plus exactement, à la participation du public à la constitution du savoir dont dépend une société afin de vivre en paix et de se réformer. »
« Ces deux conceptions n’ont cessé de s’opposer jusqu’à aujourd’hui, dans les termes d’un conflit entre les représentations du politique défendant l’autonomie des dirigeants à l’égard d’un public de toute manière incompétent et indifférent, et celles qui, au contraire, défendent une démocratie « forte » (B. Barber), à savoir participative. (10)»

L’on comprend que pour un pays aux prétentions hégémoniques, qui souhaite influer sur le monde non pas par devant en donnant l’exemple, mais par derrière en agissant et connaissant sans être connu (leading from behind), une démocratie forte, comme souhaitée par Dewey et ses suivants, ne soit pas le dispositif le plus approprié, compte tenu de l’étendue de ses affaires et des cercles d’intérêts très différents. De même on peut supposer qu’un pays, aux traditions démocratiques faiblement établies, jaloux de son indépendance, puisse considérer la démocratie représentative molle comme une forme instable de pouvoir. Dans le premier cas, le gouvernement invisible théorisé par Burneys s’exercera sur la base de la légitimité démocratique et le contrôle ex post, alors que dans le second, il s’exercera sur la base de la légitimité historique et du consentement social (qui ne dit rien consent). Mais dans les deux cas le risque est grand que la fabrique de l’opinion puisse s’affoler, s’abstraire des processus réels de fabrication des opinions et ne conduise à une érosion de la légitimité. Lorsque précisément les opinions n’ont plus de prises sur l’opinion publique et que celle-ci ayant perdu son autonomie, ne rend plus compte de l’état d’esprit et des dispositions de la société.

Pour Bruno Latour, qui a préfacé la traduction française du livre de Walter Lippman, Le public fantôme est le Prince (de Machiavel) du XX° siècle et il est adressé au XXI° pour désensorceler la politique. Pour Lippman, il n’y a pas de public (11) mais des publics qui ne se forment et ne sont convoqués que lorsque les institutions, les experts, les gouvernants ont failli. L’idéal pour le public est de ne pas s’intéresser à la chose publique. Et que peut-il faire alors ? Il doit pouvoir, de l’extérieur et rapidement, parvenir à discerner lequel des partis en présence est le plus partisan pour peser ensuite de tout son poids en faveur de celui qui paraît l’être moins (12). La démocratie ne reposera pas sur une maîtrise des citoyens du débat public mais sur la capacité de la vie publique à rendre compte d’elle-même, à donner prise au public. Pour ce faire, il faudrait que le gouvernement, les experts, les journalistes et les activistes puissent produire une signalétique des justifications qui permette au public de distinguer le parti pour lequel il devrait peser. Selon Bruno Latour « Au lieu d’établir la vie publique sur l’accord, la continuité, l’unanimité et l’appel au bien commun, Lippmann la reconstruit sur les désaccords, les cassures, les ajustements et l’appel aux modus vivendi. » De Lippman à Dewey, Latour va de l’un à l’autre.
Le point de vue de Lippman est particulièrement pertinent pour une société qui se trouverait au centre des interdépendances mondiales. La complexité du monde et l’impossibilité de sa maîtrise contraignent le fonctionnement démocratique et l’intervention du public à des modalités restreintes. Mais le monde peut être rendu plus compliqué ou plus simple. Et il est attendu du gouvernement démocratique qu’il le simplifie afin qu’il rende possible la prise de partie du public.
Cette tâche peut s’avérer moins complexe dans des sociétés moins différenciées qui gardent les traces d’une civilisation villageoise, où les choses restent encore à la mesure des hommes plutôt qu’à celles des machines. Une démocratie plus forte parce que plus simple peut être établie au départ. La démocratie économique peut être concrètement mise en œuvre avec les monnaies locales complémentaires. La démocratie pourrait ainsi éviter d’emprunter la voie de classe. Ensuite, au fur et à mesure, des outils peuvent être développés qui rendent la déprise des citoyens moins grande sur leurs affaires communes avec le déploiement de la division du travail. Au contraire de ce qu’a envisagé la société de classes, qui s’est attachée à s’approprier le savoir de la société de la manière à asseoir la domination de l’une d’entre elles.
Cette tâche peut s’avérer moins complexe aussi dans des sociétés plus différenciées mais moins individualistes. L’idéal pour le public est de ne pas s’intéresser à la chose publique, disait Lippman dixit Latour. Le public individualiste. Ce sentiment a été théorisé dans la doctrine utilitariste libérale par le théorème d’impossibilité de Kenneth Arrow. Dans sa thèse Choix social et valeurs individuelles (1951), Arrow généralise un résultat déjà obtenu par Condorcet en montrant qu’il est impossible de définir l’intérêt général à partir des choix individuels (13). Puisqu’il n’est pas possible d’agréger les choix individuels en choix social autrement qu’en aliénant la liberté des individus, il faut renoncer à les agréger.
Même s’il ne faut pas confondre tous les individus. Certains intérêts sont portés à s’intéresser de près à la chose publique, d’autres à s’en éloigner. On ne confondra pas petites et grandes entreprises. Il reste qu’aux yeux de la doctrine libérale la concurrence qui doit être préservée conservera leur diversité. Ce qui n’exclura pas leur agrégation pour former le gouvernement invisible de Bernays. Sous l’égide d’un gouvernement démocratique des intérêts s’agrègeront pour lui donner forme et orienter la société. Il sera invisible parce qu’éloigné des affaires particulières et parce que dissimulé par la concurrence des intérêts particuliers agrégés. On peut donc dire que la théorie du gouvernement invisible est tout à fait adéquate au postulat de la doctrine libérale de l’Etat nation (14).
C’est à cette pensée libérale que l’école allemande s’est soustraite très tôt, au départ de son industrialisation (Friedrich List versus Adam Smith et J.B. Say). C’est à cette doctrine qu’elle se soustrait avec sa philosophie sociale de la codétermination. Et c’est à d’autres institutions qu’elle confie la fabrication des choix collectifs. De même le penseur indien A. SEN n’a pas renoncé à penser rationnellement le raisonnement social, le choix collectif. De l’ouvrage « Collective Choice and Social Welfare » ([1970] 1995) jusqu’à celui de l’Idée de justice, Amartya Sen a relevé le défi de Kenneth Arrow en s’efforçant de comprendre pourquoi et comment se produit l’impossibilité du choix social à partir des choix individuels (15), en recontextualisant l’axiome libéral il ouvre des voies à une meilleure acclimatation de la démocratie dans les pays allogènes.
Comme le soutient Bernays (16), les individus étant incapables individuellement de définir les choix collectifs auxquels ils voudraient se conformer, c’est à des institutions que reviendraient une telle charge. On peut déjà citer cette « institution invisible » de la démocratie (Pierre Rosanvallon), que représente la confiance. Mais on peut aussi faire appel à des institutions plus visibles comme ces institutions intermédiaires dans le modèle allemand où les citoyens prennent part aux arbitrages économiques face à une compétition mondiale monopolistique (17).
Quelque soit le système et la doctrine, il y a en fait une « fabrique des choix collectifs» relativement autonome avec sa base informationnelle et ses capacités (pour reprendre la terminologie de SEN), plus souvent en relâche qu’active (Lippman), identifiée, reconnue, contrariée, domestiquée par les institutions et les pouvoirs publics ou pas. Le gouvernement invisible de Bernays ou la fabrique du consentement de Chomsky et Herman n’aspire qu’à se la soumettre ou la neutraliser. Dans l’actualité française, une récente étude de la fondation Jean Jaurès, think tank du parti socialiste français : « Janvier 2015 : le catalyseur. La cristallisation d’une idéologie », les auteurs révèlent l’autonomie d’une machinerie idéologique par rapport aux élites. Cette fabrique existe et dispose d’une certaine autonomie. Quand elle est discordante, elle révèle son autonomie, quand elle est concordante avec le gouvernement invisible, elle est en relâche. Le problème est donc dans le rapport qu’entretient une telle machinerie avec les institutions. Pour la piloter, il faut faire avec son autonomie, sa base informationnelle, autrement elle prend ses distances. Dans l’étude citée, les deux auteurs concluent à l’existence de deux France. Pour les auteurs de l’étude, l’une répond aux incitations des médias, une autre a sa propre base informationnelle. L’une fut sidérée par les attentats, l’autre pas.

Reprenons notre raisonnement. Pour la doctrine libérale de l’utilitarisme, les consommateurs ne peuvent s’entendre pour définir leurs choix collectifs. Les choix individuels étant subjectifs, ils ne peuvent être agrégés sous le système de la concurrence. Autrement on se soumettrait à une dictature (Kenneth Arrow). Le gouvernement invisible d’Edward Bernays serait alors une façon de faire avec ces valeurs et de contourner, de soumettre la concurrence à un système de compétition monopolistique orchestré par l’Etat. En vérité la démocratie représentative made in Europa, s’est construire sur la base d’une société de classes qui pour sa reproduction a séparé démocratie économique et démocratie politique, préservant ainsi le pouvoir économique d’une classe sur les autres. Un tel pouvoir poursuit aujourd’hui sa progression pendant que le pouvoir politique reste enfermé dans les anciens cadres de l’Etat-nation.
Ce que je voudrai soutenir ici c’est tout d’abord qu’il n’y a de concurrence libre que pour ceux qui y sont soumis. Et que cette concurrence est en réalité soumise à une compétition monopolistique dominée par les complexes militaro-industriels, où Etat et grandes entreprises font le jeu, ouvrent et ferment la compétition comme elles le peuvent. Cela en accord avec la théorie braudelienne des trois étages de l’économie. Il reste que dans cette représentation monopolistique de la compétition mondiale, la fabrique de l’opinion est mieux pilotée dans les pays performants que dans les pays en crise. Car un gouvernement de l’opinion produit de la confiance ou de la défiance selon ses résultats. Qu’il soit visible ou invisible. Le citoyen ne refuse pas que l’on s’occupe de ses affaires si elle marche bien, il devient défiant s’il se sent trahit. Le citoyen ne récuse pas une division du travail qui le conforte dans sa citoyenneté. D’autant plus s’il participe à cette fabrique de l’opinion, s’il a le sentiment de prendre part à la définition de ces choix collectifs, qu’ils ne lui sont pas étrangers.
Avec le big gata, le gouvernement algorithmique, … les grandes entreprises américaines ont une base informationnelle dont elles n’ont jamais rêvé. Mais les citoyens aussi. Reste à savoir s’ils resteront prisonniers de l’ancienne division du monde et de l’axiomatique libérale ou s’ils pourront prendre une part plus active dans leurs affaires et celle du monde.

Notes :

(1) Pierre Bourdieu, l’opinion publique n’existe pas. Exposé fait à Noroit (Arras) en janvier 1972 et paru dans Les temps modernes, 318, janvier 1973, pp. 1292-1309. Repris in Questions de sociologie, Paris, Les Éditions de Minuit, 1984, pp. 222-235. Bourdieu parle de dispositions mobilisées seulement en temps de crise.
http://www.homme-moderne.org/societe/socio/bourdieu/questions/opinionpub.html
(2) C’est dans cette problématique que se situe la thèse de Chomsky, La fabrication du consentement. De la propagande médiatique en démocratie : « Il est important de souligner que c’est bien de la structure de l’appareil médiatique et de son fonctionnement qu’il s’agit ici de traiter, non de son influence sur le public ». http://inventin.lautre.net/livres/Chomsky-Fabrication-du-Consentement.pdf
(3) Pour éviter ces chocs, la liberté d’expression peut servir la connaissance des opinions sans soutenir la formation d’une opinion publique autonome. Cela augmentera les moyens d’action des gouvernants sur « l’opinion » mais nullement sur les dispositions sociales.
(4) Le public fantôme, traduction française,
http://issuu.com/quiasma/docs/_walter_lippmann__le_public_fant__m
(5) Joëlle Zask, « Pourquoi un public en démocratie ? Dewey versus Lippmann. Présentation des textes de Walter Lippmann, « Le public fantôme » (1925) et de John Dewey, « Le public et ses problèmes » (1927) », Hermès, La Revue 2001/3 (n° 31), p. 61-66. Cet article nous servira de référence pour présenter les positions de Lippman et Dewey.
(6) Ibid.
(7) Edwards Bernay, Edward Bernays. Propaganda. Comment manipuler l’opinion en démocratie.
Pour la traduction française, Zones / Éditions La Découverte, Paris, 2007. http://www.editions-zones.fr/spip.php?page=lyberplayer&id_article=21
(8) Ibid. 1. Organiser le chaos.
(9) John Dewey. (1859-1952). LE PUBLIC ET SES PROBLÈMES. Extrait
http://www.cairn.info/load_pdf.php?ID_ARTICLE=HERM_031_0077
(10) Joëlle Zask, Ibid.
(11) « La théorie courante du gouvernement populaire … part du principe qu’il existe un public qui dirige le cours des événements. Je soutiens que ce public n’est qu’un fantôme. Une pure abstraction. » http://www.bruno-latour.fr/sites/default/files/111-LIPMANNpdf.pdf
(12) « Les signes fonctionnent lorsque, dans une controverse, ils permettent d’établir par des tests robustes, simples et objectifs lequel des deux partis en présence défend une règle sociale utilisable, critique une règle impossible à mettre en œuvre ou en propose une nouvelle plus prometteuse. En se fiant à de tels signes, le public doit être en mesure de décider derrière qui il doit s’aligner. Souvenons-nous qu’en s’alignant ainsi, il ne se prononce pas sur les mérites intrinsèques d’une affaire. Il se contente de mettre ses forces à la disposition du camp qui, si l’on se fie à certains signes objectifs, semble incarner une résolution de la crise menée conformément à des règles claires, et contre celui qui semble s’en remettre à son seul bon vouloir. » Ibid.
(13) Pour plus de détail voir http://www.wikiberal.org/wiki/Kenneth_Arrow
(14) On peut extrapoler : ce qu’on appelle dictature dans les sociétés périphériques est le résultat d’une importation violente de l’Etat informel de la société démocratique.
(15) Il est important de comprendre pourquoi et comment se produit le résultat d’impossibilité d’Arrow. Un examen du raisonnement formel qui établit le théorème montre que, en se rapportant uniquement au classement des préférences des individus, il est difficile de faire la distinction entre les problèmes très dissemblables du choix social. La capacité d’utilisation de l’information disponible est encore réduite par les effets combinés de principes en apparence inoffensifs, qui sont populaires dans des discussions informelles.
Il est essentiel, en particulier pour porter des jugements sur le bien-être social, de comparer les gains et pertes de différents individus et de prendre en compte leur richesse relative, qui ne peut être déduite immédiatement, uniquement par les classements des choix sociaux par les gens. Il est également important d’examiner quels types de groupes de préférences de classement sont problématiques pour les différents types de procédures de vote. http://www.project-syndicate.org/commentary/kenneth-arrow-impossibility-theorem-social-welfare-by-amartya-sen-2014-11/french#kjOFFWKEO2Y7EhDM.99
(16) « Dans la pratique, si tous les citoyens devaient étudier par eux-mêmes l’ensemble des informations abstraites d’ordre économique, politique et moral en jeu dans le moindre sujet, ils se rendraient vite compte qu’il leur est impossible d’arriver à quelque conclusion que ce soit ».
(17) Merkel ne s’indigne pas trop du fait d’être écoutée par le président des Etats-unis, cela la conforte dans le modèle de communication informel allemand.

Arezki DERGUINI
Bgayet le 16.05.2015

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s