COMPTE RENDU de la réunion tenue, hier, à la salle des congrès de la wilaya de Béjaïa, pour débattre du programme de distribution publique du gaz

chafaa&wali

Il faut retenir de la réunion tenue hier à la salle des congrès de la wilaya de Béjaïa, pour débattre du programme de distribution publique du gaz, les points suivants :
1. Il a été annoncé par la direction de l’énergie du ministère, un programme de rattrapage dont une accélération de la mise en œuvre du programme de raccordement au gaz de la troisième tranche. Un représentant des comités de village de la daïra de Chemini a réitéré la demande de raccordement immédiat. Un échéancier a été exigé auprès des autorités.
2. Il a été souligné que la valorisation de cet acquis dépend fortement de la progression du programme de réhabilitation du gazoduc de vingt pouces supportant le transport du gaz qui accuse un grand retard.
3. Le tout dépendant de la coopération des élus et des citoyens quant à la levée des oppositions.
4. Les oppositions n’ayant pas été invitées à participer à la réunion, j’ajouterai la volonté de l’Etat à reconnaître aux demandes d’indemnisations leur valeur réelle.

Pour que les promesses puissent être tenues, contrairement au passé où l’Etat refusait de dévoiler sa gestion de la progression du programme de développement, les indemnisations devront être à la hauteur des attentes des propriétaires si l’on veut que l’accélération du programme de raccordement au gaz devienne effective. Car raccorder au réseau sans réhabiliter le gazoduc, c’est avoir le tuyau sans le gaz. Du fait que le gazoduc étant donné sa corrosion, ne peut plus supporter qu’une faible pression, il deviendra impossible d’alimenter tout le monde branché. A commencer par les plus éloignés. A quoi bon s’empresser de connecter Souk El Tenine à Aokas et les communes suivantes si, la pression n’étant pas suffisante, le gaz ne peut pas y arriver ? A quoi bon relier les communes de la daïra de Chemini, celle d’Akfadou si c’est pour créer des coupures de gaz à Bejaia ? La réhabilitation du gazoduc est donc le premier goulot d’étranglement. Il semblerait que l’évolution du contentieux au niveau de la commune de Boudjellil soit en bonne voie de résolution. Ce qui laisse quelque espoir.

Mais il faut aujourd’hui être clair : en matière d’indemnisations ce qui vient du passé est dépassé. Continuer de demander à des propriétaires le passage du gaz de manière gratuite devient impossible. Ils veulent être expropriés. Il faut leur acheter si on veut leur retirer le droit de vendre. A Aokas où la résolution du contentieux semble aussi être en bonne voie, selon l’allusion du Wali, on n’aura pas pu ou ne pourra pas faire passer le gaz dans une zone urbanisable sans expropriation ou indemnisation conséquente. Il est vrai que nous connaissons de nombreuses situations où l’on a occupé, asservi sans exproprier. Mais nous ne sommes plus au temps où il était interdit de vendre et d’acheter la terre. Aujourd’hui qu’elle se vend et s’achète, et à un prix fort, on ne peut plus soustraire le libre usage d’une terre à un propriétaire sans en payer le prix.
Il faut donc s’attendre à un renchérissement du coût du gaz, à moins que l’on ne trouve de nouvelles façons de le réduire. L’ancienne méthode qui consistait à contenir au cas par cas le coût des indemnisations, à ne pas reconnaître le plein droit de propriété aux propriétaires quand cela semblait possible, en compressant leur demande d’indemnisations, n’est plus applicable. Il faudrait impliquer les collectivités locales pour supporter le nouveau coût induit par l’urbanisation et la libéralisation et faire face à la baisse des ressources publiques. La collectivité qui bénéficie d’un service collectif national (électricité, gaz et eau) aurait du prendre une charge de manière directe et non pas de manière indirecte (par la fiscalité, aujourd’hui pétrolière). Il faut sortir de l’opposition privé-public. Il faut redonner une place à la propriété collective. La collectivité devrait pouvoir donner à chaque fois son tribut en nature quant aux charges en nature des services collectifs dont elle a le bénéfice.

En même temps l’Etat doit franchement prendre en charge la demande nationale de raccordement de tous au gaz naturel. La consommation interne doit sans conteste précéder l’exportation. Il ne peut songer à profiter des oppositions citoyennes pour comprimer la demande interne. Les besoins fondamentaux de la population doivent avoir la priorité sur les autres projets. Les comités de village de la daïra de Chemini et les communes qui ne sont pas encore programmées savent que les ressources et les coûts de demain ne seront pas ceux d’aujourd’hui. Aussi faut-il s’attendre à ce que l’exemple des comités de village de Chemini soit largement suivi.

Arezki DERGUINI
Bgayet le 27.11.2014
Dernière mise à jour 07 :00 28.11.2014

 

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