LA FAILLITE DE L’ETAT ALGERIEN PROGRAMMEE

FAILED STATESLa faillite de l’État algérien est programmée et la victoire du néocolonialisme prête de s’accomplir.

La faillite de l’État algérien est programmée, comment cela se peut-il ? 1. Par une dissipation de la rente, en épuisant les ressources minières du pays, sous l’œil bienveillant du pouvoir militaire, de la société dirigeante et de l’impérialisme français,  2. Après avoir acheté la paix sociale en créant des charges sociales à l’État algérien qu’il ne pourra plus assurer après la dissipation de la rente (emplois non durables), il faudra vendre les biens immobiliers de l’État, privatiser ses ressources pour couvrir les besoins fondamentaux de la société algérienne et faire face à la catastrophe. 3. Alors les ressources dissipées  qui se sont réfugiées à l’étranger et leurs relais intérieurs pourront acquérir les biens de l’État à bas prix. Ainsi l’inévitable libéralisation arrivera-t-elle, conduite avec un certain cynisme.

C’est pourquoi le pouvoir militaire ne cèdera pas le pouvoir, ne voudra pas responsabiliser la société, avant qu’il n’ait dissipé toute la rente disponible à l’investissement.

C’est pourquoi il s’empresse aujourd’hui de dissiper la rente pour pouvoir atteindre ses objectifs le plus rapidement possible avant que le monde arabe ne se relève de son chaos et que ne se singularise le cas algérien.

C’est pourquoi, se battre contre un quatrième mandat aujourd’hui est nécessaire mais ne doit pas absorber notre énergie. La société dominante lui apportera un substitut, nous en sommes convaincus. L’après-Bouteflika a déjà commencé. Son clan a eu sa part.

C’est pourquoi, il faut responsabiliser la société, programmer une libéralisation qui ne spoliera pas la société de ses ressources et ne dissipera pas sa rente. Il faut un programme clair de libéralisation qui oblige les candidats aux élections présidentielles à en faire autant afin que l’on puisse faire échec au programme rampant de libéralisation  du pouvoir actuel.

Car ce programme clair devra affronter cette disposition générale de la société à dissiper la rente. Car le pouvoir actuel tient sa légitimité d’une telle disposition. Ne pas l’affronter c’est ne pas se donner les moyens de triompher du pouvoir actuel. Et c’est bien cela que redoute les différents prétendants au pouvoir, les différents partis politiques. Globalement, toutes les organisations, les institutions ont un rapport clientéliste vis-à-vis de la société et inversement. Penser que le pouvoir actuel tient encore sa légitimité de l’histoire, de la révolution est une diversion. De la révolution et de l’histoire, il tient ses positions, non sa légitimité. Et il défend aujourd’hui ses positions par la terreur et la corruption. Et l’impérialisme français est complice parce qu’il fait partie de l’aventure néocolonialiste.

Il n’y a pas plusieurs façons de transformer cette disposition de la société. Des élections ne feraient qu’élire le plus crédible d’entre les candidats quant à la participation à la dissipation de la rente. De ce point de vue le candidat de Bouteflika sera le mieux placé. Il héritera de ses clientèles.

Il faut responsabiliser la société, la jeunesse en premier lieu, car c’est elle qui va le plus souffrir d’une telle dissipation de la rente. La question de responsabilité concerne tout d’abord les biens communs, car il s’agit de stopper la dissipation de la rente. La priorité est donc d’établir de réelles responsabilités quant à la propriété des ressources naturelles. Il faut établir de réelles responsabilités collectives. Des responsabilités qui soient réellement préoccupées par la conservation de la rente afin que les appétits actuels de la société ne sacrifient pas les droits des générations futures. C’est pourquoi les mouvements des jeunes du Sud seront à la tête de ce combat. C’est pourquoi il faut être résolument à leurs côtés.

Ce principe étant retenu, se pose la question concrète des conditions de possibilités et d’exercice d’une telle responsabilité. Il est urgent d’engager une réflexion sérieuse sur le sujet.

Arezki DERGUINI

Bgayet le 03.04.2013

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3 réflexions sur “LA FAILLITE DE L’ETAT ALGERIEN PROGRAMMEE

  1. Toufik Samai dit :

    Les citoyens algériens vivent vraiment la faillite de l’état, c’est pour cela qu’ils se sont détachés des affaires publiques. Chaque algérien pense actuellement qu’il ne sent pas son existence à l’intérieur du pays, comme si il était complètement étranger, comme si sa parole est systématiquement méprisée, ne vaut rien. On ne peut expliquer cela que par l’effet désastreux d’un système politique archaïque. Le peuple algérien a été vraiment victime de cela. Encore le fait le plus douloureux, c’est la malhonnête combine du 3eme mandat qui a fait tomber à l’eau la crédibilité de cet état. C’est pour cette raison qu’il y a le vole et la corruption partout.

  2. Mohamed El Jerroudi dit :

    « Je suis marocain et je ne souhaite pas que l’Algérie fasse faillite ! Nous avons un destin commun.
    Je veux dire que la faillite est une contagion, et nos deux pays seront foutus. Voilà ma conviction ! »
    Mohamed El Jerroudi
    (Citoyen maghrébin)

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