Retour de Tunis

FSM

Le vent de liberté qui a soufflé sur Tunis m’a fait beaucoup de bien. Un certain nombre d’algériens n’ont pu y participer (chômeurs du Sud, SOS disparus). Les autorités algériennes qui veulent garder la mainmise sur la rente ont voulu confiner nos compatriotes dans des horizons bornés. A notre retour, nos valises ont été mises sens dessus dessous. Je suis fier d’y avoir rencontré de jeunes algériens et tunisiens usant des langues étrangères et aptes à l’échange. L’anglais était quasiment inévitable.

La matinée du mercredi 27 mars, j’ai participé à l’atelier « Appropriation du savoir, pour résister au modèle de société de consommation » organisé par l’organisation NOMAD. Un thème qui m’est cher. J’y ai débattu avec de jeunes palestiniens aguerris, des jeunes tunisiens et une européenne du courant mondial éducation nouvelle.

L’après-midi, j’ai interviewer, un jeune représentant de l’Observatoire National de la jeunesse dont on trouvera la vidéo à l’adresse suivante : http://www.youtube.com/watch?v=xU_Pdzh6-ig&feature=player_detailpage

L’après-midi du jeudi 28 mars j’ai participé à l’atelier : “Chômage des jeunes : un défi global” organisé par GPF (Global Progressive Forum) et SOLIDAR. (voir lien http://www.solidar.org/IMG/pdf/solidar-gpf_wsf_2013_-_panel_briefing_on_youth_unemployment_no_bio.pdf). J’ai été programmé pour ce workshop (atelier) plutôt qu’à celui que j’avais annoncé : « Migrations, libre échange, dette et austérité ». Cela m’a contrarié au départ, puis l’idée de défendre mon point de vue concernant le chômage des jeunes algériens en général et du Sud en particulier, je m’en suis trouvé honoré.

Résumé corrigé de mon intervention non écrite à ce dernier atelier :

« Je veux m’exprimer du point de vue des jeunes chômeurs du Sud algérien qui n’ont pas pu être présents au FSM.

Le chômage des jeunes constitue bien un défi global. Il est le produit de l’ancien compromis social (faible flexibilité du travail) et de la nouvelle révolution technologique peu créatrice d’emplois. Le travail ne constitue plus tout à fait la base de la citoyenneté. Il faut raisonner plutôt qu’en termes de marché et de travail, en termes de contrats, d’échange de services et de droits. Il faut libérer les échanges et les marchés de l’emprise de la collusion des États et des grandes groupes internationaux. Pour que la liberté d’échange soit un droit fondamental de l’homme, il faut qu’elle soit celle des individus et de leurs collectivités et non des grands groupes internationaux qui soumettent les États à leurs stratégies[1].

On peut cependant dresser une carte différenciée du chômage dans le monde et distinguer de manière schématique trois grandes zones. La zone des anciennes nations industrialisées qui sont confrontées à une troisième révolution technologique et une nouvelle concurrence internationale. Dans cette zone, le chômage des jeunes est le problème des nouveaux arrivants sur le marché du travail. Il est mis en relief par une certaine « désindustrialisation » et un solde négatif entre la création d’emplois et la destruction d’emplois. On pourrait parler ici pour simplifier de décroissance, on y entre de manière pénible dans un nouveau modèle de développement. La seconde zone est celle des pays émergents, où la création d’emplois l’emporte sur la suppression mais où le modèle de développement dominant n’est pas encore mis en cause. Les économistes parle de « croissance de rattrapage ». La troisième zone peut être dite d’émigration. L’Etat social est mis en crise par le chômage massif des jeunes. (La première zone y consent des révolutions pour contenir les flux de populations, y centrer les enjeux de pouvoir). Les zones ne sont pas homogènes, on peut les retrouver en interne.

Dans le cas du chômage de la jeunesse du Sud algérien, nous sommes en présence d’une population sans capital social et en situation d’asymétrie d’information quant au marché du travail. On peut parler de déconnexion totale vis-à-vis du marché du travail. Il exprime un profond déséquilibre régional caractéristique de la troisième zone. Son traitement exige une problématique en termes de territoire, de droits de l’homme et de libre échange (non du point de vue de l’Etat central et des grands groupes internationaux mais des populations locales). Il faut un échange libre du point de vue des populations.

 

Thursday 28 March. 16.00 – 18.30 Workshop – “Youth Unemployment: A Global Challenge”

Organized by: GPF, SOLIDAR

Interpretation: English, French, Arabic

Room: SE6

Introduction and Moderation: Beatriz Talegon, IUSY Secretary General

Speakers:

– Jan Royall, Vice President of the Party of European Socialists (United Kingdom)

– Youssef Tlili, General Union of Tunisian Students (Tunisia), Partner of SOLIDAR member

CGIL International Cooperation Network (Italy)

– Youth People of MENA region, Partner of SOLIDAR member Norwegian People’s Aid

(Norway)

– Hasan Barghouti, Director of Democracy and Workers’ Rights Centre (Palestine), Global

Network Arab States Coordinator

– Hamadi Jeljeli, President Création et créativité pour le développement et l’embauche

(Tunisia) Partner of SOLIDAR member Solidarité Laïque (France)

– Arezki DERGUINI, Member of Parliament FFS

– Rana Khallaf, Youth People of the MENA region, Partner of SOLIDAR member Norwegian

People’s Aid (Norway)

 

[1] La principale référence ici est celle du prix Nobel Amartya SEN et de sa théorie du développement.

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