Au dessus et en dessous de la Liberté. Des sociétés de code à la société contractuelle et à l’Etat de droit

LIBERTE1L’Europe refuse la proposition de la France et de l’Angleterre de livrer des armes aux rebelles syriens. Elle ne peut assumer une telle position devant son opinion publique. Mais la France et l’Angleterre finiront bien par le faire au nom de la protection des populations civiles. Les puissances ont la liberté de faire la guerre ou de faire tomber en douce les dictatures, parce qu’elles tiennent leurs avoirs, leurs technologies. Mais elles ne le font pas. Tweeter refuse de livrer à la justice française les noms des proférateurs d’insultes antijuives sur Internet. La police sur Internet poserait un problème de droit international et le soustrairait à l’influence dominante. La Liberté sur Internet fait la promotion d’un djihadisme très professionnel, elle encourage la dissémination d’entrepreneurs de violence sur tout le globe. La liberté de groupes restreints se met au service de la puisse dominante. La compétition militaire interne aux sociétés dominées et rebelles est encouragée. La technique de la contre-insurrection est devenue un mode de gouvernement, initiée par les dominés, elle est maintenant retournée contre eux. La liberté quoiqu’on dise est rarement au service de l’opprimé : quand elle libère le serf du Nord c’est pour mettre en esclavage le noir du Sud. La liberté aime la puissance. La Liberté est fragmentation au Sud, elle est système, axiomatique et idéologie au Nord. La liberté et l’égalité ne font pas ménage au Sud et plus ou moins bon ménage au Nord.

Tout compte fait, il y a ceux qui sont du côté de la puissance dominante et ceux qui sont de l’autre côté, qui doivent être décodés, désintégrés, atomisés puis axiomatisés au service de la puissance sinon cantonnés. L’Histoire, les guerres séparent le monde en deux. Il est rare que les frontières se mélangent. Le temps peut être plus ou moins fait de guerres et de paix. Nous souhaiterions qu’il soit fait plus souvent de paix comme en a joui l’Europe dans la dernière moitié du XX° siècle. Ce temps est-il révolu, le temps des guerres est-il de retour ? Il faut le craindre. Un demi-siècle est passé depuis les libérations nationales, de nouvelles puissances ont émergé, un régime d’accumulation est en train de s’épuiser (l’ouvrier consommateur du fordisme s’estompe), une nouvelle révolution technologique est en train de faire son œuvre destructrice (Schumpeter, « la destruction créatrice »). La multiplication des « entrepreneurs de violence » ne doit pas être l’arbre qui cache la forêt. Depuis la guerre d’Afghanistan contre l’Union soviétique, ils sont les nouveaux instruments de la guerre mondiale, de la réorganisation du monde et de la désintégration des Etats faillis (souvent anciens alliés compromettants), qui se battent pour leur survie, ainsi que l’instrument de discrimination des sociétés alliées et des sociétés ennemies.

Afin de ne pas sombrer dans l’anomie, le désordre, les anciennes « sociétés de code » et leurs « Etats faillis » doivent sortir de leur nature groupusculaire pour faire de la liberté et de l’égalité un système social et politique. Les anciennes « sociétés de code » ont un rapport prédateur et belliqueux au monde extérieur. Leur règle de développement est la diffraction et non l’intégration. En cas de crise, elles produisent des entrepreneurs de violence et non du droit. Pour faire de la liberté et de l’égalité un système social et politique, elles doivent établir des droits de propriété clairs qui permettent la formation de capitaux privés, qui permettent la construction d’une société contractuelle et d’un Etat de droit. Le socialisme a échoué à faire de la liberté et de l’égalité un système social et politique. La constitution d’un capital (au sens de Pierre Bourdieu et non de Marx) est le moyen d’occupation pacifique d’une position sociale dans la société. Sans droits de propriété clairs, pas de contrats ; sans contrats pas d’échange ; sans échange pas d’élargissement de la production. Contre Marx, avec Adam Smith, il faut soutenir que l’élargissement de l’échange entre producteurs indépendants précède la production élargie, l’accumulation des capitaux. Oui nous importons parce que nous refusons de construire des économies locales d’échange qui soient aussi des échanges de moyens de production. Sans contrats entre les individus et les collectivités, pas de contrats sociaux, pas de contrat national. Et sans société contractuelle, sans contrat national, sans économie d’échange que faire d’un Etat de droit ?

Arezki DERGUINI Bgayet le 23.03.2013

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