Les voies de la différenciation pour une société autochtone autonome

1. Il faut séparer le monopole de la violence du droit de propriété. Il faut défaire l’héritage colonial qui les a unit. C’est la doctrine socialiste, antilibérale qui a justifié la confusion et conforté l’héritage colonial. Cela a conduit à une faible différenciation des droits de propriétés, à une privatisation rampante, au développement d’une économie informelle et d’une forte corruption. La libéralisation sur la base de l’héritage colonial est condamnée à l’échec. C’est la fonction de défense extérieure qui justifie l’Etat et non pas la fonction distributive. Sur quelle base effectuer cette séparation de la force et du droit, au départ associé dans l’histoire  féodale et coloniale et séparée dans l’économie marchande? Le point de départ obligé est historique. Il faut refaire l’histoire de la propriété, longue et moins longue. Celle d’avant le sénatus-consulte. On rétablira ainsi l’unité de la population et de son territoire, on donnera ainsi une base incontestable au processus de différenciation des droits ; secondairement l’effort de police sur ces territoires s’en trouvera réduit. Sera déclaré propriétaire celui qui sera le plus attaché à la conservation et au développement de la rente en étant favorable aux autres revenus (profits et salaires). Le propriétaire est le protecteur de la ressource naturelle, parce qu’il protège, développe le revenu qu’elle lui procure. Et quel meilleur propriétaire que la collectivité attachée à un territoire ? On sait aujourd’hui en zone francophone, en pays fortement imprégnés de tradition jacobine, et cela depuis la consécration des travaux d’Elinor OSTROM sur la gouvernance des biens communs par un prix Nobel en 2009, que l’imposition par des autorités externes de droits complets de propriété privée ou d’une régulation centrale ne sont pas les seuls moyens de résoudre les problèmes liés aux ressources communes. Dans une société où l’histoire de la propriété privée est celle de la période coloniale, on peut dire que ces moyens sont destructeurs, dissipateurs.

2. Il faut lier le monopole fiscal au monopole de la violence sur la base du respect du droit des gens. A partir de là, l’autre fonction de l’Etat devenu non propriétaire consistera en la fameuse défense de la propriété, garantissant ainsi sa neutralité par son extériorité. Avec la première fonction nous avons là les deux raisons du monopole fiscal : défense du territoire, défense des droits des gens dont celui central de la propriété. Pour le reste,  l’investissement public sera justifié chaque fois que l’on pourra déterminer que le rendement social est supérieur au rendement privé, comme l’enseigne la science économique.

3. Il faut séparer la propriété de son usage pour préserver les ressources naturelles et ne pas dissiper la rente qu’elles procurent. En d’autres termes, il faut distinguer entre profit et rente, préservation de la ressource et création de valeur ajoutée. La politique fiscale devra avoir un rôle incitatif, un certain usage de la ressource pourra être encouragé et un autre découragé. Il faut revenir à une économie ricardienne. Le profit doit être dominant. La rente constituée en fonds d’investissements pourra servir l’investissement public chaque fois que l’on pourra justifier d’une supériorité du rendement social sur le rendement privé. Les populations du Sud pourraient ainsi jouir d’une rente et investir dans les infrastructures, alors que les populations du Nord pourraient investir dans le Sud (à l’image de l’agriculture) sans épuiser les ressources. Et la collectivité nationale pourrait réguler les flux au travers d’une politique fiscale de sorte à faire respecter les intérêts de chacun. La politique publique pourrait ainsi, par sa politique fiscale et d’investissements publics, incarner une politique de l’intérêt général.

Le pays pourra être ainsi mis sur la voie d’une stabilité durable et les populations du Sud à l’abri du colonialisme interne et externe.

La liberté contractuelle trouvera ainsi les conditions d’un développement qui ne soit pas synonyme de dissipation de ressources non renouvelables et de capital.

Il faut voir la réalité en face. Une minorité dispose librement des ressources d’un pays et parce que nous participons tous d’une manière ou d’une autre à leur prédation, nous ne voulons pas nous regarder. C’est le colonialisme interne sous ses formes diverses qui appellera le néo-colonialisme externe. Nous devons vite ouvrir les yeux avant qu’il ne soit trop tard. On ne peut rattraper le passé, il faut des réformes radicales.

DERGUINI Arezki

Bgayet le 13.03.2013

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