Développement versus démocratie

La Kabylie souffre de vouloir être associée à son développement. Ses hommes et ses femmes veulent être les acteurs de la transformation de leur milieu social et physique. Le  pouvoir qui ne peut dissimuler, ni ne veut renoncer à  son origine militaire, lui, veut se créer des sujets et des clientèles. Voilà pourquoi la Kabylie ne consomme que 30 % des crédits qui lui sont attribués.

Les citoyens refusent que leur propriété soit transformée en passage de tous genres, ils refusent que des carrières soient établies près de leurs demeures, ils refusent que ce qui leur a été soustrait hier par le colonialisme puisse revenir aujourd’hui à d’autres qu’eux-mêmes; ils coupent les routes, ferment des établissements publics quand l’administration ne fait pas son travail, etc., etc. Et le pouvoir qui incite à la violence d’un côté, et se prévaut de son autorité technocratique, de sa conduite pacifique d’un autre, de ce fait, va incriminer la société, traiter ses comportements de non civiques et va s’abstenir d’investir. Content d’avoir présenté un coupable, le pouvoir mafieux peut retourner à ses méfaits. Ainsi fait-il la guerre à la société qui aspire à ne pas être piétinée, dépossédée. Sous prétexte de développement, d’intérêt général, il veut déposséder la société de son autonomie pour les confier à des clientèles qui travaillent à consolider son pouvoir et non celui de la société. Il ne veut pas d’entreprises qui puissent survivre de par elles-mêmes, juste des clients toujours obligés de suivre leur maître.
Aujourd’hui le pouvoir sait que nos déchets valent de l’argent, il sait que les suédois importent des déchets pour produire maintes et maintes choses, mais il nous laisse envahir par les ordures, traite nos villes de sales, parce qu’il attend les circonstances favorables qui lui permettront de traiter avec un client complaisant. L’incivisme de la société procède du haut : il refuse l’exportation des métaux non ferreux parce qu’il craint l’élargissement de comportements prédateurs. Mais pourquoi n’implique-t-il pas la justice et la société pour lutter contre de tels comportements ?
Le FFS propose de déjouer ces plans machiavéliques (plier l’échine, le bien se déversera sur vous ! soyez nos clientèles ou renoncer à nos « bienfaits ») qui veut que la société renonce à sa liberté pour son bien-être.
Le FFS propose de prouver que la société est capable de trouver des solutions à ses problèmes de développement, qu’elle n’a plus besoin de la solution autoritaire qui est sortie de ses mœurs ! Dans l’effort digne, car la construction démocratique (l’apprentissage du débat, la réalisation de compromis gagnant-gagnant) n’est pas de tout repos.
L’effondrement n’est plus très éloigné. L’effondrement du monde et de la société. Le pouvoir militaire veut dissimuler son effondrement derrière celui du monde. Tout comme le monde occidental veut dissimuler le sien derrière celui des Etats faillis. Les puissants veulent gagner du temps contre les chocs qui arrivent, ils cherchent des coupables, des boucs émissaires.
Le FFS veut être aux côtés de la société à ces moments là. La fin d’un monde est proche.
Les anciennes puissances qui ne veulent pas renoncer à leur mode de vie trop élitaire, qui ne veulent pas partager l’énergie disponible avec les autres peuples qui aspirent à une meilleure vie, se prépare à refaçonner la carte du monde pour se fabriquer des Etats clients. Elles veulent se défaire de nos prédateurs qui leur reviennent aujourd’hui trop cher. Elles veulent créer un nouvel Etat dans le Sahara, sous prétexte d’Etats faillis, d’Etats voyous qui ne peuvent plus garantir ni sécurité physique, ni sécurité économique. Un nouvel Etat à qui elles fourniraient tout, alimentation, armement, habillement etc. en échange des matières premières de leur territoire.
Pour défendre son mode de vie, le monde occidental veut faire appliquer le principe de souveraineté des populations sur leur territoire, dans le but de contester aux Etats voyous et faillis la souveraineté sur les ressources naturelles. Il veut par ce moyen redéfinir le rapport des populations à leurs ressources, redistribuer les cartes des ressources pour mieux être servi. Il veut obtenir d’un principe juste une fin injuste. Et c’est pour cela que ceux qui s’opposeront à lui échoueront. Et c’est pour cela aussi que le pouvoir conduira le pays à la guerre. Observer déjà depuis la Lybie comment il va de reculade en reculade.
Alors que le pouvoir veut nous faire préférer le « développement » à la démocratie, les anciennes puissances veulent nous faire préférer la démocratie à la souveraineté. Chacun veut nous faire perdre la tête à sa manière.
L’Afrique est face à un défi : le défi démocratique. Le monde opposera ses tribus et ses ethnies pour lui soustraire la souveraineté sur leurs richesses naturelles, pour conserver son mode de vie élitaire. S’opposer aujourd’hui au principe de souveraineté des populations sur leur territoire c’est accepter la division nationale, la division régionale. Tel a été et sera le sens de l’histoire. Aujourd’hui les forces de prédation interne et externe, et leurs clientèles, se disputent nos ressources, il faut s’opposer à la fois à celles-ci pour faire notre unité et à celles-là pour préserver notre souveraineté.
C’est ce principe pour lequel le FFS lutte depuis sa naissance, que refuse toujours le pouvoir usurpateur : il continue à vouloir se fabriquer des clientèles, à leur demander une plus grande allégeance. Il continue à centraliser, à dénier aux populations le droit d’être les actrices du développement de leur territoire. Nos prédateurs refusent de lâcher leur proie, qu’en restera-t-il en fin des comptes ? Regarder ce qu’il reste de nos forêts, de nos terres agricoles, ce que sont devenues nos villes, nos convivialités ?
Cela n’est pas vrai on ne peut pas faire du développement sans les populations. Que vaut le bien-être pour un homme privé de sa liberté ? Un bureau d’études étranger (coréen) réalise les études de la pénétrante autoroute est-ouest-Bgayet pour mieux ignorer le rapport de la population à son territoire. Lorsqu’il faudra faire une étude de réalisation on parlera d’indemnisation de propriétaires. On continue à penser que pour un tel ouvrage d’importance, il ne faut pas consulter la population. Ensuite, la population s’opposera à la réalisation puis les entrepreneurs déserteront la région. Et le pouvoir pourra incriminer la société, vaquer à ses méfaits sans être inquiéter.
Le pouvoir veut faire du développement une arme contre la démocratie, de l’économie une arme contre l’organisation autonome de la société, comme il a fait du droit une arme de la révolution contre les ennemis qu’il lui désignait d’abord, puis une arme contre la société tout simplement.
Il faut nous préparer au pire, que Dieu nous en préserve. Les ressources se font rares et pour nous et pour le monde, et chacun ne pense qu’à sa propre vie, qu’à son propre mode de vie. Que pouvons-nous faire, que pouvons nous changer ? Probablement peu de choses, mais de celles qui peuvent sauver des liens, des liens précieux pour sauver l’avenir. Pour le FFS, son leader et ses militants, ce ne sera pas faute de ne pas avoir essayé.
Arezki DERGUINI
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