Volonté générale

J’avais écrit dans le texte « Volonté(s) de changement » qu’afin  qu’il y ait un changement pacifique il nous faut une vision, une perspective, une direction qui nous accordent avec le monde et avec nous-mêmes. Je préciserai un changement véritable qui nous épargne la catastrophe et j’ajouterai qui nous accorde durablement.

Il nous faut pour cela caractériser la situation dans laquelle nous nous trouvons pris et celle dans laquelle nous voudrions être. Nous sommes dans la situation où la lutte autour de la répartition de la rente s’exacerbe. Notre volonté de changement ne va pas au-delà d’un plus grand accès à la rente que rend plus précaire la multiplication des besoins et la plus grande dépendance à l’égard des importations. Notre société produit bien une volonté générale qui est rapport de prédation vis-à-vis de la nature. Ce sont les tensions autour des ressources qui s’exacerbent. Le nombre des exclus s’accroit avec l’accroissement des besoins.

Or c’est cette « volonté générale » qui va conduire à la déflagration sociale. Et cette déflagration ne contient pas la solution au problème. Elle déchaîne seulement le rapport de prédation : les forces vives veulent leur part. Car cette volonté générale est celle de générations présentes qui se comportent vis-à-vis des ressources naturelles comme si elles étaient leur seule propriété. Les générations futures sont sacrifiées : chaque génération ne pense qu’à sa propre vie et survie. Aussi la déflagration est-elle programmée.

Comme il est souvent répété, il faut préparer l’après-pétrole, il faut une nouvelle volonté générale qui face place au futur, et qui ait pour objectif de se construire sur le travail et non la rente minière. C’est une question de survie de la société algérienne, si nous voulons qu’elle ne subisse pas un sort comparable à celui de la Somalie, et entrer dans une phase de décomposition avancée. Et cette question ne concerne pas d’abord les plus démunis qui connaissent déjà une sorte de « somalisation », tels les harraguas, les immolés ou autres sacrifiés. Elle oppose ceux qui préparent le naufrage du navire Algérie et se préparent à le quitter et ceux qui veulent le remettre à flot, lui donner un cap qui le sauvera durablement. Il est donc temps que ces derniers regroupent leur effort pour construire cette nouvelle volonté générale. Et il nous faut pour cela un nouveau timonier qui puisse nous aider à trouver le nouveau cap. C’est assurément très difficile, car allant à contrecourant de nos habitudes et traditions, mais plus nous tarderons plus la difficulté s’accroitra.

DERGUINI Arezki

le 27 février 2012.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s